|
|
|
|
Le dimanche 6 septembre, Léon Blum demande à être reçu au meeting organisé par la fédération SFIO de la Seine pour pouvoir s’expliquer sur sa politique vis à vis du conflit espagnol. Il y a là de nombreux militants, des communistes aussi qui scandent “ des canons, des avions pour l’Espagne ! ” A la fois plaidoyer et confidences (“ je ne cache aucune de mes pensées ”)…Léon Blum retourne la salle : une ovation prolongée salue sa conclusion (c’est-à-dire le texte ci-dessous) Blum fait référence à Jaurès : rien de bon ne peut venir de la guerre ; en réponse aux interrogations sur la “ non-intervention ” C’est le choix le plus difficile et le plus douloureux de Léon Blum. Le débat est entre Pacifisme et Antifascisme ; Le PC réclame en fait (“ des avions, des canons pour l’Espagne ”) une aide indirecte ; comme les autres grandes puissances, Grande-Bretagne, Etats-Unis, la France choisit la non –immixtion dans le conflit quand l’Axe viole la non intervention. Mais l’aide soviétique passe par la France dans une sorte de contrebande légale et désintéressée…Tenté de démissionner à deux reprises Blum n’en fera rien car le gouvernement espagnol lui fait savoir qu’il préfère qu’il reste …
|
| " Je ne crois pas, je n'admettrai jamais que la guerre soit inévitable et fatale. Jusqu'à la dernière limite de mon pouvoir et jusqu'au dernier souffle de ma vie s'il le faut, je ferai tout pour la détourner de ce pays - vous m'entendez bien tout pour écarter risque prochain, présent de la guerre... La guerre est possible quand on l'admet comme possible ; fatale quand on la proclame fatale. Et moi, je me refuse à désespérer de la paix et de l'action de la nation française pour la pacification Mes amis, c’ était pour moi un besoin presque physique de vous parler aujourd’hui comme je l’ ai fait. Je me suis demandé gravement, amèrement, devant notre Conseil national si je trouverais en moi la volonté, la substance d'un chef Je n'en sais rien. Quand je reprends avec quelque sévérité critique l'histoire de ces trois mois, Il peut y avoir bien des circonstances où je ne suis pas pleinement satisfait de moi même, où un. autre aurait pu faire mieux que je n 'ai fait. Oui, je sais ce que Je dis, je le sais mieux que vous ! Seulement il y a deux choses qu’on ne pourra jamais me reprocher : le manque de courage et le manque de fidélité. Je crois qu'en étant ici à cette heure, et en vous parlant comme je viens de le faire, je vous ai donné un témoignage du premier. Ma fidélité, elle, ne faillira pas davantage : fidélité aux engagements pris envers mon parti, fidélité aux engagements pris envers la majorité électorale, fidélité aux engagements souscrits par les autres éléments du Rassemblement populaire, fidélité aussi, laissez-moi vous le dire, à moi-même, aux pensées, aux convictions, à la foi qui ont été celles de toute ma vie et dans lesquelles j'ai grandi et vécu comme vous, comme vous et avec vous ! »
|
|
|
|
|