Imprimez le
version imprimable de l'article
:: Un siècle de socialisme
Les débuts du mouvement socialiste en France
La SFIO de 1905 à 1958
De la division à l'union de la gauche, 1958 à 1971
Le Parti socialiste depuis 1971
:: Le journal du centenaire
L' actualité
Colloque "100 ans de socialisme"
:: Ecrits et discours
François Mitterrand
Jean Jaurès
Léon Blum
:: Des figures
:: les mémoires de l'histoire
Contemporaines
:: A lire
:: Des mots
:: Les chansons
de Gauche
L'hymne du PS (1977)
:: Nos liens
Ecrits et discours   Léon Blum  
"POUR ÊTRE SOCIALISTE" (1919)
Publié en 1919 dans L’Humanité, puis en brochure en septembre 1919, au début de la campagne électorale, ce texte a été écrit pour son fils, Robert, et à l’intention des jeunes gens et des jeunes filles. Léon Blum traite des origines morales et sociales du socialisme. 1919 est l’année où les socialistes découvrent dans les congrès du PS l’orateur Léon Blum. D’abord le 21 avril, lors d’un congrès extraordinaire, il présente le programme d’action du parti, puis lors du congrès extraordinaire des 11 au 13 septembre à l’occasion duquel Léon Blum prononce le discours d’orientation générale Léon Blum se montre déjà très attaché au souci d’unité du parti.

" De quoi est né le socialisme ? De la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société. Le socialisme est né de la conscience de l’égalité humaine, alors que la société où nous vivons est toute entière fondée sur le privilège. Il est né de la compassion et de la colère que suscitent en tout cœur honnête ces spectacles intolérables : la misère, le chômage, le froid, la faim, alors que la terre, comme l’a dit un poète, produit assez de pain pour nourrir tous les enfants des hommes, alors que la subsistance et le bien être de chaque créature vivante devraient être assurés par son travail, alors que la vie de chaque homme devrait être garantie par tous les autres. Il est né du contraste à la fois scandaleux et désolant, entre le faste des uns et le dénuement des autres, entre le labeur accablant et la paresse insolente. Il n’est pas, comme on l’a dit tant de fois, le produit de l’envie qui est le plus bas des mobiles humains, mais de la justice et de la pitié qui sont les plus nobles . Je n’entends pas soutenir, vous le comprenez bien, que tous les sentiments généreux et désintéressés de l’âme humaine ne se sont manifestés dans le monde qu’avec les doctrines socialistes. Ils sont plus anciens s’ils ne sont pas éternels. L’instinct de justice, de solidarité, de moralité humaine qui trouve aujourd’hui son expression dans le socialisme a, tout le long de l’histoire, revêtu d’autres formes et porté d’autres noms. C’est cet instinct qui a fait la force des religions modernes, puisque toutes, à leur naissance, dans leur première phase de prosélytisme populaire, se sont tour à tour adressées à lui. Un encyclopédiste du XVIIIe siècle, un jacobin de la Convention, un démocrate de 1830 étaient probablement mus par les mêmes sentiments qui font aujourd’hui le ressort et la force vive de notre action. Mais – là est le point essentiel – la foi socialiste est la seule de cet instinct universel qui réponde exactement aux conditions actuelles de la vie sociale, de la vie économique. Toutes les autres ont été dépassées par le cours des temps. Toutes les autres sont discordantes et retardataires. Que ceux qui s’y obstinaient de bonne foi le comprennent et viennent à nous. Le socialisme est donc une morale et presque une religion, autant qu’une doctrine. Il est, je le répète, l’application exacte à l’état présent de la société de ces sentiments généraux et universels sur lesquels les morales et les religions se sont successivement fondées."
Rechercher sur ce site | Plan du site | Webmestre Copyright 2005 Centenaire