Imprimez le
version imprimable de l'article
:: Un siècle de socialisme
Les débuts du mouvement socialiste en France
La SFIO de 1905 à 1958
De la division à l'union de la gauche, 1958 à 1971
Le Parti socialiste depuis 1971
:: Le journal du centenaire
L' actualité
Colloque "100 ans de socialisme"
:: Ecrits et discours
François Mitterrand
Jean Jaurès
Léon Blum
:: Des figures
:: les mémoires de l'histoire
Contemporaines
:: A lire
:: Des mots
:: Les chansons
de Gauche
L'hymne du PS (1977)
:: Nos liens
Ecrits et discours   Léon Blum  
"DU MARIAGE" (1907)
C’est un essai contre l’inégalité entre l’homme et la femme, pour le bonheur du couple… Publié en 1907, le texte sera republié en 1937 et fera scandale…C’est à la fois un des ouvrages les plus célèbres de Léon Blum et l’une des pièces maîtresses des campagnes antisémites contre lui… La thèse centrale peut se résumer ainsi : L’opinion publique doit admettre pour la femme ce qu’elle admet pour l’homme : l’acquisition d’une expérience de l’amour physique, avant le mariage (“ le mariage à l’essai ”). Blum choque à gauche (Jaurès) et dans les milieux littéraires (Gide). Il est trop hardi pour les féministes de l’époque, ce qui lui causera une certaine déception…

" L’essence même du mariage, tel qu’il est institué dans nos mœurs est d’unir une jeune fille vierge à un homme déjà fait, et de remettre à l’expérience de l’homme l’éducation de la vierge. A la base du système se trouve le principe ou, selon moi, le préjugé de la virginité des filles. Mais en accordant que les filles doivent parvenir au mariage dans cet état de fraîcheur et d’ignorance, encore faudrait-il que ces novices y trouvassent de bons maîtres, et que leur préparation conjugale fût confiée à de sûres mains. Le système actuel interdit aux filles d’acquérir avant le mariage une expérience même théorique de l’amour. Et d’autre part, par un effet détourné, il empêche la plupart des hommes de se procurer dans des conditions convenables cette expérience qu’il faut bien pourtant qu’un des deux époux possède. Si les jeunes garçons pendant la période de liberté qui précède le mariage sont contraints de requérir les leçons de prostituées, est-ce de leur part un libre choix, une préférence ? Ne préféreraient-ils pas, au contraire, trouver à leur portée, dans leur connaissance intime, la maîtresse qu’ils sont obligés de demander au hasard ? Au lieu de monnayer, dans des rencontres brèves et furtives, l ardeur de leur jeunesse, ne préféreraient-ils pas l’apporter toute à une amie qui soit leur égale, ; qu’une tendresse commune aurait comme eux préparée à la connaissance et à l’échange du désir ? Or, c’est là précisément ce qu’une convention sociale leur interdit comme l’acte le plus répréhensible et le plus lâche, et si cette convention se justifie évidemment dans l’état des mœurs, n’a-t-elle point cependant pour suite nécessaire de rejeter les jeunes gens au plaisir vénal, aux louches contacts, aux habitudes vicieuses, à l’ignoble passivité que ce mode de plaisir comporte ? Sous les peines les plus sévères, vous défendez aux jeunes filles d’arriver au mariage déjà instruites de l’amour, mais du même coup vous leur gâtez leurs futurs maîtres. C’est commettre trop de fautes à la fois."
Rechercher sur ce site | Plan du site | Webmestre Copyright 2005 Centenaire