Imprimez le
version imprimable de l'article
:: Un siècle de socialisme
Les débuts du mouvement socialiste en France
La SFIO de 1905 à 1958
De la division à l'union de la gauche, 1958 à 1971
Le Parti socialiste depuis 1971
:: Le journal du centenaire
L' actualité
Colloque "100 ans de socialisme"
:: Ecrits et discours
François Mitterrand
Jean Jaurès
Léon Blum
:: Des figures
:: les mémoires de l'histoire
Contemporaines
:: A lire
:: Des mots
:: Les chansons
de Gauche
L'hymne du PS (1977)
:: Nos liens
Ecrits et discours   Jean Jaurès  
POUR UNE ARMÉE VRAIMENT POPULAIRE (1913)
La crise franco-allemande de 1905 ouvre une période de tensions entre les puissances européennes. Se développe alors en France, au sein du mouvement ouvrier, un courant pacifiste, lié à l’antimilitarisme ( « dans chaque grève l’armée est pour le patronat », motion du congrès d’Amiens de la CGT), voire à l’antipatriotisme. Gustave Hervé lance en 1906 le thème de la « guerre sociale », : « nous n’admettons qu’une seule guerre : la guerre civile, la guerre sociale, la guerre de classe … » Jaurès se saisit de la triple question de l’armée, de la patrie et de la paix. En 1912 dans « L’Armée nouvelle » il récuse l’antipatriotisme et argumente en faveur d’une armée de citoyens vouée exclusivement à la défense du sol national et défend une politique de paix contre tout nationalisme.

" Notre projet, messieurs, est d’accroître la puissance défensive de la France. Plus nous voulons qu’elle porte haut son idéal, son action sociale et humaine, plus nous voulons qu’elle puisse mettre toute sa force au service de cet idéal, en pleine sécurité et en pleine indépendance. J’ai déjà, à la commission de l’armée, empiétant un peu sur un des domaines de M. Charles Benoist cité le mot de Machiavel : « L’histoire se rit des prophètes désarmés. » Nous qui voulons, précisément, que la France ait dans le monde une grande mission historique et morale, nous qui, maintenant l’affirmation du droit, voulons répudier à jamais toute politique d’aventure et de revanche nous qui voulons préparer, par la paix définitive, et garantir une civilisation supérieure où la force, partout présente, réparera les antiques violences, nous voulons que nul ne puisse imputer cette offre magnanime de paix à la débilité peureuse d’un peuple mal assuré de lui-même. [...] Et voilà pourquoi, messieurs, je vous demande de réfléchir profondément à l’intérêt qu’il y a, dès aujourd’hui, à marquer, pour le pays, que la durée de temps de caserne n’est pas le noyau, l’essentiel de sa force défensive, qu’il faut une éducation militaire qui se continue avec la vie même de la nation, une armée qui repose non pas sur la permanence de la caserne, mais sur la permanence de la nation elle-même constamment éduquée, constamment entraînée. Voilà le sens de la proposition que nous avons faite."
Rechercher sur ce site | Plan du site | Webmestre Copyright 2005 Centenaire