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JOSEPH LAGROSILLIÈRE
Fondateur du socialisme martiniquais, Joseph Lagrosillière participa au congrès du Globe et fit partie des "80" qui votèrent contre les pleins pouvoirs à Pétain.

Marie-Samuel Joseph Lagrosillière est né le 20 octobre 1872 à Sainte-Marie. Fondateur du mouvement socialiste en Martinique. Il poursuit en France des études de Droit et à son retour en Martinique il s'inscrit au barreau de Fort de France comme Avocat en 1901. La même année il crée la première fédération Socialiste en Martinique. Puis, Il fonde le journal Le Prolétaire. En 1902, il se présente aux élections législatives dans la circonscription nord. Cette élection est restée dans l'Histoire puisqu'à Saint-Pierre, certains candidats expliquent aux habitants que la menace d'une éruption volcanique n'est qu'un artifice de leurs concurrents pour démobiliser l'électorat. Le 8 mai, la ville est rayée de la carte.

En 1910 et en 1914 Lagrosillière se fait élire dans cette même circonscription. Il devient dans le même temps maire de Sainte-Maire, mandat qu'il détient jusqu'en 1940. Il rompt avec ses camarades socialistes de la Chambre des députés à cause d'un désaccord sur la question de l'assimilation. Dès 1915, il milite pour l'évolution du statut des colonies. Avec le député guadeloupéen René Boisneuf dépose sans succès n projet de loi de départementalisation des colonies antillaises.

Aux Antilles, la lutte des classes revêt en ce début de vingtième siècle un caractère racial avec un prolétariat noir et une bourgeoisie dans laquelle les Blancs sont majoritaires. Pourtant, en 1919, Lagrosillière fait alliance politique avec Fernand Clerc du parti de l'Usine, un parti colonial des planteurs qui lui permet d'être réélu et de remporter la présidence du Conseil Général qu'il occupe pendant tout l'entre deux guerres.

L'aristocratie béké s'acharne sur ce « coloré » qui en plus est socialiste. En 1925, il soutient une grève ouvrière qui donne lieu à des troubles, ce qui lui vaut d'être jeté en prison, mais la répression coloniale ne l'empêche pas d'être réélu en 1932. En 1940, il siège à Bordeaux et vote contre les pleins pouvoirs à Pétain avec 79 autres députés. Au lendemain de la guerre, le mouvement socialiste martiniquais est sérieusement concurrencé par un parti communiste animé par l'écrivain et poète Aimé Césaire. Les deux hommes s'affrontent pour la mairie de Fort-de-France, le vieux bougre est battu, et se retire pour mourir le 6 janvier 1950 à 78 ans, quelques semaines avant son camarade Léon Blum.

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