Centenaire
La butte rouge

Paroles de Georges Montéhus
Musique de Georges Krier - 1923

Sur c'te butte là y avait pas d'gigolettes,
Pas de marlous, ni de beaux muscadins
Ah ! c'était loin du Moulin d'la Galette
Et de Panam' qu'est le roi des pat'lins.
C'qu'elle en a bu, du beau sang, cette terre !
Sang d'ouvriers et sang de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

[REFRAIN :
La Butte roug' c'est son nom,
L'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin …
Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Qui boira ce vin là, boira l'sang des copains !

Sur c'te butt'là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où
L'champagne coule à flots ;
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendr' de terribles sanglots !
C'qu'elle en a bu, des larmes, cette terre !
Larm's d'ouvriers et larm's de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

REFRAIN :
La Butte roug' c'est son nom,
L'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin …
Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Qui boit de ce vin là, boira les larm's des copains

Sur c'te butt' là on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons ;
Filles et gars doucement y échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuv'nt-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit, où s'échang'nt leurs baisers,
J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes et j'y ai vu des gars au crân' brisé !

REFRAIN :
La Butte roug' c'est son nom,
L'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin
… Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains !


Après ses élans chauvinistes de 1914-1918 (« Nous chantons la Marseillaise /car dans ces terribles jours, / on laiss' l'Internationale , / pour la victoire finale, / on la chantera au retour. » lettre d'un socialo, sur l'air du « Clairon » de Déroulède, 1914) Georges Montéhus retrouvera après la guerre son pacifisme d'antan. Evocation de la butte de Bapaume, en Champagne mais la chanson est devenue le symbole de tous les lieux de répression du mouvement ouvrier.


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